• 19 août 2008
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2006 - Notre quartier à Beyrouth

Dossier Points-Cœur Liban "Beyrouth la belle" Le Liban et nous...

Notre quartier à Beyrouth

- 10 août 2006 -

Face à la montée de la vio­lence, nous avons fait le choix de fermer pro­vi­soi­re­ment le Point-Cœur de Beyrouth. Les quatre Amis des enfants pré­sents sur place sont ren­trés en France le 28 juillet, en atten­dant de voir la tour­nure que pren­dront les événements. Notre maison a été confiée aux Petits Frères de Jésus, qui se char­gent de l’uti­li­ser au mieux pen­dant ce temps : une famille sou­da­naise loge à l’étage, tandis que des per­ma­nen­ces sont orga­ni­sées au rez-de-chaus­sée avec des béné­vo­les, pour les enfants et ado­les­cents dont le nombre a triplé depuis les com­bats de juillet. Le Point-Cœur Sainte-Rafqa fut fondé en 1992, au sortir de la guerre du Liban, dans le quar­tier de Bourj Hammoud (Beyrouth Est), quar­tier his­to­ri­que­ment peuplé par les réfu­giés du géno­cide armé­nien. La phy­sio­no­mie du quar­tier a varié au gré des événements du pays. Ces der­niers temps, la popu­la­tion était à faible majo­rité chré­tienne, les musul­mans étant ici à majo­rité chii­tes ; outre les famil­les liba­nai­ses, s’y trou­vaient des famil­les syrien­nes et turk­mè­nes, ainsi que de nom­breux jour­na­liers phi­lip­pins, sri lan­kais, sou­da­nais, éthiopiens ou encore égyptiens... Avec les com­bats de juillet, le visage du quar­tier semble à nou­veau vou­loir chan­ger. La plu­part des non-Libanais ont fui, lais­sant la place aux famil­les chii­tes réfu­giées du sud de Beyrouth et du Liban. Plus de mille famil­les ont été logées dans les écoles, mos­quées et appar­te­ments libres du quar­tier. Nous avons été témoins du très grand enthou­siasme pour les accueillir, même si la situa­tion économique n’est guère brillante - le quar­tier est pauvre, et toute acti­vité a évidemment cessé dans le pays. Beaucoup se sont donc rendus dis­po­ni­bles. Comme cette amie, étudiante, qui a rem­placé son tra­vail d’été annulé par l’accueil des réfu­giés : aide maté­rielle, par­ti­ci­pa­tion à des ani­ma­tions pour les enfants, visite aux famil­les, etc. Elle échangea même ses vête­ments à la mode pour des vête­ments plus habillés par res­pect pour les « hôtes » à majo­rité musul­mane. L’accueil a ainsi été orga­nisé par les asso­cia­tions, les parois­ses, les mos­quées, les com­mu­nau­tés reli­gieu­ses, dans une grande unité, et avec un réel souci de la ren­contre. Il sem­ble­rait que la guerre ait fina­le­ment pro­vo­qué - au moins dans notre quar­tier - ce à quoi la révo­lu­tion du Cèdre n’était pas par­venu : le rap­pro­che­ment de deux com­mu­nau­tés que tout éloignait a priori - si ce n’est une « âme liba­naise » com­mune. Nous avons bien sûr hâte de les rejoin­dre ; espé­rons que notre exil ne se pro­lon­gera pas. Paul Walter Photo : Ibtissam et son fils. Liban, 2006. Articles asso­ciés : Le Liban et nous - Trente-quatre jours de guerre, plus de mille morts, l’essen­tiel de son infra­struc­ture détruite... Sur quoi le peuple liba­nais peut-il aujourd’hui s’appuyer pour envi­sa­ger l’avenir, et où puiser la force néces­saire de tout recom­men­cer ? Analyse, à la lumière de quinze ans de pré­sence des Points-Cœur en terre des cèdres. Lire "Beyrouth la belle" - Naji Kiwan est prêtre maro­nite liba­nais, et étudie actuel­le­ment à Washington aux Etats-Unis. Il fut Ami des enfants de 1993 à 1994 à Dakar au Sénégal. Au 12° jour de la guerre, il nous livrait ce cri du cœur pour son pays. Lire

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