• 10 avril 2014
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Au Japon, un concert pour les Philippins touchés par le typhon.

Garo, artiste venu de Tokyo

Vous avez tous entendu parler et vu de ter­ri­bles images du typhon qui a ravagé une partie des Philippines. Même s’il est vrai que sou­vent les Philippins sont tou­chés par les typhons, celui-ci était par­ti­cu­liè­re­ment fort et a détruit beau­coup d’habi­ta­tions, de routes, de struc­tu­res. Laissant les sur­vi­vants sans eau, ni électricité, sans toit ni vivres durant plu­sieurs semai­nes. L’heure est à la recons­truc­tion, mais sans vous dire que j’ima­gine bien que les Philippins ne sont pas du style japo­nais : tout bien orga­nisé, clas­si­fié… Il y a encore beau­coup à faire, enfin faut dire que les dégâts étaient fara­mi­neux, un peu comme notre région côtière du Nord-Est du Japon après le trem­ble­ment de terre et le Tsunami de 2011. D’ailleurs, depuis notre arri­vée, nous allons tous les mois passer un week-end à Rikuzentakata-Ofunato. Région par­ti­cu­liè­re­ment tou­chée par le Tsunami. Nous connais­sons tout un groupe de Philippines mariées à des Japonais, très bien inté­grées dans la vie locale, pre­nant soin de leurs enfants, beaux-parents et pro­priété. Je suis à chaque fois impres­sion­née de cela. S’il est vrai que j’ima­gine très bien que les Philippines et le Japon ont un style de vie bien dif­fé­rent, nos amies res­tent très Philippines, tout en se fon­dant dans la vie locale Japonaise. Marife a été le moteur pour créer une asso­cia­tion de Philippines avec la Paroisse catho­li­que locale. Elle se bat depuis le tsu­nami pour que cette asso­cia­tion sur­vive, qu’elle soit le lieu où les Philippines peu­vent se retrou­ver, où elles peu­vent dis­cu­ter, prier ensem­ble et par­ta­ger leur culture aux Japonais – à leur propre famille. Souvent mariées à des pécheurs, leur maison se trou­vaient près de la côte lors­que le Tsunami est arrivé et a tout emporté. Maintenant, elles sont pour la plu­part en maison pro­vi­soire. Autant vous dire que la vie est bien plus dif­fi­cile. Il faut partir de zéro, retrou­ver un tra­vail, des fonds pour sur­vi­vre et penser à l’avenir. Trouver un ter­rain de plus en plus rare et pré­cieux, donc cher dans la région pour rebâ­tir. Et pour­tant, elles ne se lais­sent pas abat­tre, s’entrai­dent et se moti­vent. Le typhon des Philippines a natu­rel­le­ment affecté nos amies, cer­tai­nes vien­nent de cette région tou­chée, leur maison fami­liale empor­tée par les eaux, les mem­bres de la famille ont dû quit­ter la région. Bref, pour elles, il leur fal­lait faire quel­que chose, un geste de sou­tien. Elles se sont livrées corps et âme pour trou­ver des fonds pour une école pri­maire. Pour ache­ter vête­ments, chaus­su­res et para­pluie pour 53 enfants et 7 maî­tres­ses. En plus de cela, elles ont orga­nisé un concert au béné­fice de cette école. Elles ont bien sûr chanté en taga­log mais ont aussi appelé d’autres Philippines d’une autre région pour en faire autant, ainsi que trois chan­teurs pro­fes­sion­nels venus de Tokyo pour l’occa­sion. Même s’il est vrai que je m’atten­dais à voir plus de gens, l’ambiance était très bon enfant et tout le monde est reparti avec un sou­rire jusque der­rière les oreilles. Pour ma part, ce qui m’a le plus tou­chée, c’est de les voir toutes sur scène en connais­sant un peu leur propre situa­tion. Les “galè­res” pour trou­ver des fonds pour leur propre famille mais elles se don­nent à fond en soli­da­rité pour une autre cause.

Comme vous pouvez le cons­ta­ter, je me sens bien au Japon, je vais bien et notre mis­sion s’embel­lit de jour en jour. Je rends grâce à Dieu de me donner l’occa­sion de vivre tout cela.

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