• 14 juin 2013
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En Argentine, « l’effet François »

Pancarte dans le centre de Buenos Aires

Mariana Canteros vit à Buenos Aires. Présente sur la place de la Cathédrale lors de l’élection du Pape François, elle nous entraine dans cette ville, auprès de ce peuple...

Il y a un mois la ville de Buenos Aires était tapis­sée d’affi­ches en hom­mage à Hugo Chavez, encou­ra­geant à garder l’espé­rance, à suivre son exem­ple et à conti­nuer la révo­lu­tion com­men­cée. Mais cela est très vite tombé dans l’oubli et la ville a été inon­dée par des dra­peaux du Vatican et des photos du Pape François. C’est l’ambiance même de la capi­tale qui a changé et aujourd’hui, alors que son élection n’est déjà plus si récente, « l’effet François » – comme les médias l’ont bap­tisé – conti­nue à mar­quer pro­fon­dé­ment la vie quo­ti­dienne des Argentins. Sans tomber dans un dis­cours sim­pliste – la réa­lité reste si com­plexe ici –, il me semble qu’un réveil est en train de se pro­duire dans le peuple argen­tin. Aux plain­tes et à l’indif­fé­rence si habi­tuel­les suc­cède le sens de l’enga­ge­ment dans la société et la vie poli­ti­que, lais­sant der­rière le rêve mes­sia­ni­que si pré­sent dans nos peu­ples latino-amé­ri­cains : l’attente d’un chan­ge­ment venant de quelqu’un d’autre sans im- pli­quer la res­pon­sa­bi­lité per­son­nelle. Réveil aussi parmi les bap­ti­sés qui, durant la Semaine Sainte, ont rempli les églises et sur­tout les confes­sion­naux. Les témoi­gna­ges sont nom­breux, sim­ples, réconfor­tants. J’en choi­sis un au hasard : le diman­che de Pâques, dans un des prin­ci­paux quo­ti­diens argen­tins, un jour­na­liste, Gabriel Di Nicola, a changé son habi­tuelle colonne pour raconter qu’il a, cette année, cher­ché la paix en s’appro­chant de l’Eglise pen­dant la Semaine Sainte. Nous ne pou­vons pas nier que des per­son­nes comme H. Chavez, R. Correa ou Cristina K. mobi­li­sent le peuple mais tandis que les uns pro­vo­quent dans nos pays de fortes divi­sions, un refus par­fois dou­lou­reux de pardon au nom de la jus­tice, le Pape François, en ces quel­ques jours de pon­ti­fi­cat, a pro­vo­qué une autre sorte de révo­lu­tion qui a redonné aux Argentins l’espé­rance et sur­tout une joie toute simple et pro­fonde. Nous sommes bien obli­gés de cons­ta­ter que tout cela ne vient pas seu­le­ment de sa per­son­na­lité cha­ris­ma­ti­que, de ses gestes francs et trans­pa­rents. La joie et l’espé­rance des Argentins vien­nent sans aucun doute d’une expé­rience pré­sente du Christ : « Notre joie n’est pas une joie qui naît du fait de pos­sé­der de nom­breu­ses choses, mais elle naît du fait d’avoir ren­contré une Personne : Jésus, qui est parmi nous ; elle naît du fait de savoir qu’avec Lui nous ne sommes jamais seuls, même dans les moments dif­fi­ci­les, même quand le chemin de la vie se heurte à des pro­blè­mes et à des obs­ta­cles qui sem­blent insur­mon­ta­bles, et il y en a tant ! »

Mariana Canteros, Buenos Aires, avril 2013 - Edito du Bulletin Points-Cœur n°15-Mai/Juin2013.


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