• 28 octobre 2013
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« Kirikou et la Sorcière » à Dakar

La sorcière dans « Kirikou »

Dimanche 22 sep­tem­bre 2013, le Point-Cœur Sainte-Monique de Dakar (Sénégal) a pré­senté pour la troi­sième fois la pièce de théâ­tre « Kirikou et la sor­cière ».

Cette fois-ci nos trente-deux enfants sont montés sur les plan­ches pres­ti­gieu­ses du Théâtre National Daniel-Sorano, véné­ra­ble ins­ti­tu­tion fondée par le pré­si­dent Léopold Sedar Senghor dans les années soixante-dix et où se sont pro­duits tous les grands artis­tes séné­ga­lais. Vous savez que nous avons déjà joué la pièce en mars pour célé­brer notre ving­tième anni­ver­saire en terre afri­caine, qui, depuis lors, a attrapé la kiri­kou­ma­nia, mala­die bien com­pré­hen­sive quand on connaît la beauté de ce dessin animé ! Le succès et quel­ques ren­contres comme celle avec Michel Ocelot en avril der­nier nous ont inci­tés à voir plus grand. Nous avons sonné à la porte du théâ­tre Sorano, seul théâ­tre séné­ga­lais jusqu’à il y a deux ans (quand le pré­cé­dent pré­si­dent de la République a fait cons­truire « le Grand Théâtre National ».

Nous étions mille trois cents dans le théâ­tre ce diman­che 22 sep­tem­bre. Nous aurions pu être deux mille. Une tem­pête média­ti­que s’est abat­tue sur notre événement, le pro­pul­sant comme événement cultu­rel de la capi­tale à ne man­quer sous aucun pré­texte ! C’était pour­tant un défi de rem­plir le théâ­tre. L’auteur de ces lignes n’y croyait pas une seconde. Alejandra et Irina oui ! Nous avons com­mencé à vendre quel­ques quatre cents places à des entre­pri­ses, puis un sys­tème de par­rai­nage/spon­so­ring a été mis en place pour vendre des places et les offrir aux acteurs (ils avaient droit à cinq places chacun, mais nous avons été plus larges pour cer­tains) et à nos amis de Grand Yoff et de Malika (décharge de Mbeubeus et alen­tour). C’est ainsi que nous avons déplacé trois cent cin­quante per­son­nes en louant des bus.

Trois cent cin­quante amis, tous habillés de leurs plus beaux atours, venus regar­der leurs enfants faire du théâ­tre. Il y avait de la fierté chez les mamans et nous les enten­dions dire pen­dant la pièce : « Qu’ils sont beaux nos enfants ! » Les trois librai­ries où étaient mis en vente les tickets ont été prises d’assaut et bien vite des dizai­nes de per­son­nes n’ont plus pu ache­ter la place rêvée… « Vous avez frus­tré Dakar », m’a dit une amie fran­çaise, déso­lée de ne pou­voir emme­ner tous ceux qu’elle sou­hai­tait. Le succès, ce fut sur­tout nos enfants, les trente-deux acteurs, qui se sont donnés et ont beau­coup tra­vaillé pour arri­ver au magni­fi­que résul­tat final. Nous avons fait six répé­ti­tions au Sorano pour tout ajus­ter, sur­tout avec les tech­ni­ciens : décors, sons et lumiè­res. Ces der­niers étaient tout heu­reux de tra­vailler avec nous et réci­pro­que­ment, même si le petit côté afri­cain rend sou­vent les choses dif­fi­ci­les. La pièce a été d’une grande beauté. Car tout était beau ! Vous connais­sez le nou­veau tube de Points-Cœur : « Mon bébé va venir  » qui ouvre la pièce, inter­prété par notre amie et voi­sine Yéta Sarr. Puis la beauté des enfants, la beauté de leur peau noire joli­ment habillée par Alejandra. Seule Karaba la sor­cière était somp­tueu­se­ment habillée et cou­verte d’or, ainsi que ses cinq féti­ches cos­tu­més comme des robots. Les autres étaient sim­ple­ment vêtus car la beauté du corps suf­fi­sait. Ils ont joué comme de vrais acteurs avec gestes et tons de la voix. Irina et moi, les met­teurs en scène, étions émerveillés de les voir ainsi donnés et si fiers de réa­li­ser ce grand moment de l’his­toire du théâ­tre ! Certes, tout n’était pas par­fait, notam­ment le son des micros et l’air condi­tionné qui ne fonc­tion­nait pas (le théâ­tre était un four…), mais quel­que chose de la beauté de l’Afrique était donné pour le plus grand plai­sir de tous. La joie des enfants révé­lait l’éclat de leur cœur. Et nous, nous étions si fiers d’eux !

L’amitié et la joie furent célé­brées par cinq jours de vacan­ces au bord de la mer avec les trente-deux acteurs et huit autres enfants, qui ont suivi. Les jours ont été à la fois le cadeau pour les remer­cier et un vrai cadeau pour nous, conso­lés de voir les enfants si heu­reux, si sim­ples, même les plus grands. Une magni­fi­que ambiance régnait, fruit de tous ces mois de tra­vail, et vrai cadeau du ciel, qui jamais ne nous aban­donne.

« Kirikou n’est pas grand mais il est vaillant ! »

P. Thibaut et tout le Point-Cœur de Dakar !

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Le Point-Cœur Ste-Monique avec quelques enfants !! Kirikou et sa maman Kirikou Répétition de Kirikou au Point-Cœur
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