• 26 août 2013
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La fidélité des choses - P.Guillaume Trillard

Sortie avec les enfants en Italie

« Le caillou est une créa­ture par­faite
égal à lui-même
pro­té­geant ses limi­tes
empli exac­te­ment d’un sens de pierre
Les cailloux ne se lais­sent pas appri­voi­ser
ils nous regar­de­ront jusqu’à la fin
d’un œil calme très clair.
 »

Rentrant de Pologne où Points-Cœur ne cesse de gran­dir, m’habi­tent encore ces quel­ques vers d’un grand poète polo­nais contem­po­rain. « Ici, toute notre théo­lo­gie est conte­nue dans notre poésie », nous confiait Monseigneur Grzegorz Rys, évêque auxi­liaire de Cracovie. Face à la vio­lence des idéo­lo­gies et aux tour­ments de son pays, Hebert écrit une ode à un tabou­ret, remer­cie une pierre, une larme, un sou­rire qui s’offrent à lui.

Un tel retour à l’expé­rience est notre défi. La soli­tude des enfants et des per­son­nes ren­contrées s’impose à nous, nous «  regarde jusqu’à la fin ». Dans les fave­las comme dans les rues de Manhattan, dans l’Inde sacrée ou dans Berlin l’athée, ils nous regar­dent « d’un œil calme très clair ». Rien de plus réel pour nos volon­tai­res qu’une ren­contre, qu’un éclat de rire venant à bout de quel­ques larmes étouffées.

Rien de plus réel que cette expé­rience d’amitié qui passe par une maison, une chaise, une table, un dîner, un jeu, un soleil, un rivage, une forêt appri­voi­sée, par­fois par un simple regard.

« La fidé­lité des choses nous ouvre les yeux, à la fin », écrivait encore Hebert. Belle invi­ta­tion à redi­men­sion­ner tous les débats d’idées qui nous sub­mer­gent pour écouter « l’appel des choses », goûter les ren­contres, se nour­rir de l’expé­rience.

P. Guillaume Trillard


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