• 14 novembre 2013
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Point-Cœur de Buenos Aires : les premières semaines de Marie-Aimée

La communauté de Buenos Aires, 2013

Très chers par­rains,

Me voici donc en Argentine, depuis déjà pres­que trois semai­nes !

Notre Point-Cœur est situé dans la com­mune de Lanus, dans la ban­lieue proche au Sud-Est de Buenos Aires. Le fleuve Riacheluo (très pollué), dont les rives sont à quel­ques cen­tai­nes de mètres de notre maison, marque la fron­tière entre la capi­tale et la pro­vince de Buenos Aires. Il nous faut seu­le­ment une dizaine de minu­tes en bus pour nous rendre, de l’autre côté du pont Alsina, dans le quar­tier popu­laire de Pompeya (Pompéi) ; et de là, nous pou­vons ral­lier faci­le­ment les autres quar­tiers de Buenos Aires. Notre “barrio” (quar­tier) s’appelle ‘Villa Jardin’, les “villas” en Argentine étant des sortes de quar­tiers défa­vo­ri­sés. Sa popu­la­tion est approxi­ma­ti­ve­ment de 50 000 habi­tants. C’est un quar­tier pauvre, établi il y a une soixan­taine d’années au moment de la venue à Buenos Aires, pour y cher­cher du tra­vail, de nom­breux Argentins des pro­vin­ces du Nord, mais aussi de Paraguayens. Les mai­sons y ont été bâties de bric et de broc par les habi­tants eux-mêmes, l’ins­tal­la­tion électrique est assez aléa­toire (câbles qui se croi­sent dans tous les sens), et dans cer­tains sec­teurs du quar­tier, les eaux usées pas­sent le long des ruel­les. Un peu plus loin de chez nous, le plan d’urba­ni­sa­tion est plus régu­lier, les mai­sons sont en meilleur état et les rues dis­po­sent de vrais trot­toirs, mais l’état de la chaus­sée (alter­nance de trous et de bosses) est par­fois digne d’une route fores­tière de mon­ta­gne ! Les tra­jets en “colec­tivo” (bus) se révè­lent ainsi sou­vent spor­tifs ! Notre maison, à pré­sent. On ne peut accé­der à notre rue que par un “pasillo” (ruelle étroite d’1 m 50 de large), c’est une grande chance car le sec­teur est ainsi (rela­ti­ve­ment) plus calme puisqu’à l’abri des bruits de la cir­cu­la­tion auto­mo­bile. La rue est pres­que un pro­lon­ge­ment du Point-Cœur, on a de la place pour jouer et courir avec les enfants, dis­cu­ter avec les voi­sins, c’est très chouette ! Le Punto-Corazón Beato Carlos-de-Foucauld est une petite maison en forme de cube, sem­bla­ble à celles du quar­tier. Au rez-de-chaus­sée, la cui­sine/salle à manger, la cha­pelle et la cham­bre des filles, au bout du cou­loir un petit patio fleuri bien agréa­ble avec la salle de bains des filles au fond. A l’étage la cham­bre et la salle de bains des gar­çons et la cham­bre du visi­teur/biblio­thè­que. C’est notre foyer, simple mais confor­ta­ble et nous y sommes bien, immer­gés tota­le­ment dans la vie de notre quar­tier, pro­fi­tant à chaque ins­tant de la musi­que et des conver­sa­tions de nos voi­sins… Mais cette maison est d’abord et avant tout un havre de paix, un lieu de réconfort où Jésus est tou­jours pré­sent dans notre petite cha­pelle, véri­ta­ble­ment au milieu de nous. C’est Nazareth, la vie simple et belle de tous les jours, avec Jésus !

Venons-en main­te­nant à notre com­mu­nauté :
Il y a Adeline, fran­çaise, vingt-cinq ans, qui est là depuis dix mois. Très joyeuse et dyna­mi­que, tou­jours atten­tive aux autres, elle nous aide à porter sans cesse notre regard vers les plus fai­bles et à leur appor­ter l’Espérance.
Puis Alexiana, argen­tine, vingt-trois ans. Elle est là depuis huit mois, mais avait com­mencé aupa­ra­vant une mis­sion avec Points-Cœur au Chili, qu’elle a dû inter­rom­pre en raison de ses pro­blè­mes aux genoux, le Point-Cœur de Valparaiso étant situé en haut d’une falaise. C’est notre actuelle “veilleuse”, c’est-à-dire res­pon­sa­ble de com­mu­nauté et elle s’acquitte de cette mis­sion avec un grand sens du ser­vice et une belle atten­tion à chacun d’entre nous. Elle est très mar­rante et sa pré­sence est très pré­cieuse pour nous per­met­tre de mieux appré­hen­der la réa­lité com­plexe de son pays… Et aussi pour nous aider à amé­lio­rer notre cas­tel­lano !
Ensuite Aaron, amé­ri­cain, vingt-quatre ans, qui est arrivé il y a trois mois. Sa famille est pro­tes­tante et il s’est converti il y a peu de temps au catho­li­cisme. Sa foi et sa dévo­tion à Marie sont très belles. Il est par­ti­cu­liè­re­ment à l’aise avec les enfants et passe du temps avec eux à jouer et à faire toutes sortes d’acti­vi­tés.
Enfin Tobias, alle­mand, vingt ans, qui est là depuis deux mois. C’est le ben­ja­min de la com­mu­nauté, tou­jours dési­reux de bien faire et d’aider.
Il reste Nicolas, Suisse de vingt-neuf ans, qui ter­mine aujourd’hui même dix-huit mois de mis­sion. Il part deux mois aux USA, puis va ren­trer en Suisse pour Noël. Le témoi­gnage de son temps passé à Villa Jardin et les échanges que j’ai pu avoir avec lui, m’ont beau­coup éclairée sur le sens de notre pré­sence ici. J’ai com­pris, entre autres, que ma mis­sion n’est en aucun cas isolée et égoïste, mais que je m’ins­cris plei­ne­ment dans le long héri­tage des nom­breux volon­tai­res qui se sont suc­cédé ici depuis dix sept ans, et cette chaîne inin­ter­rom­pue d’amitié m’appa­raît très belle et pleine de pro­mes­ses !

Depuis mon arri­vée, beau­coup d’événements mar­quants ont eu lieu. Nous avons d’abord par­ti­cipé une retraite de Points-Cœur Argentine [...] Ce temps de ren­contre et d’amitié avec d’autres mem­bres de Punto-Corazón Argentina me fut très pro­fi­ta­ble, et les ensei­gne­ments du P. Guillaume sur l’ency­cli­que du Pape François “Lumen Fidei” m’ont permis de porter un regard nou­veau sur le Mystère de la Foi.
Puis mardi der­nier nous avons eu la chance de vivre une très belle soirée, lors du dîner de gala annuel des bien­fai­teurs de Points-Cœur Argentine, qui s’est tenu dans les magni­fi­ques salons de l’Ambassade de Suisse. L’élégance des quatre-vingts invi­tés et la qua­lité du dîner n’ont pas empê­ché des échanges pro­fonds et vrais entre les convi­ves. C’est sans doute la “magie” de Points-Cœur, de tou­jours per­met­tre la ren­contre des âmes dans la sim­pli­cité, que ce soit au milieu des habi­tants de notre bidon­ville ou bien alors avec la “high society” de Buenos Aires. Cette soirée était aussi l’occa­sion pour Alexiana et Nicolas de témoi­gner de leurs mis­sions, leurs témoi­gna­ges m’ont édifiée et beau­coup émue.
Enfin, der­nier temps fort pour notre com­mu­nauté : la “des­pe­dida”, c’est-à-dire “l’au revoir de fin de mis­sion” de Nicolas. La Messe de des­pe­dida, à l’inté­rieur même de notre Point-Cœur en raison du temps incer­tain, a été pré­si­dée par le Père Guillaume, assisté du Père Édouard de Grivel, notre visi­teur qui vit au Chili. Nous nous sommes entas­sés dans notre petite salle à manger, c’était très émouvant de voir tant de gens du quar­tier venus dire au revoir à Nico et lui expri­mer si gen­ti­ment leur affec­tion, avec force “abra­zos” (embras­sa­des) et paro­les de sym­pa­thie. Ce fut une soirée superbe, très joyeuse, certes dif­fé­rente du gala à l’Ambassade sur la forme, mais fina­le­ment pas sur le fond.

L’amitié entre les êtres humains est une valeur Comme vous le cons­ta­tez, chers par­rains, je ne regrette pas du tout d’être venue jusqu’ici, et à mon grand étonnement, je me suis sentie chez moi dès le pre­mier jour dans notre maison et dans notre quar­tier !

Je me réjouis d’avoir encore tant de belles choses à vivre dans ce lieu, avec nos amis du quar­tier et avec mes frères et sœurs de com­mu­nauté qui sont déjà chers à mon cœur. Et à ce propos, moi qui suis fille unique, je trouve ça génial d’avoir ici deux frères et deux sœurs !

Vous et vos famil­les êtes sans cesse dans mes pen­sées et dans mes priè­res, et je compte aussi sur les vôtres car il me faudra de la force pour accueillir, quand je com­pren­drai un peu mieux l’espa­gnol, les confi­den­ces et les souf­fran­ces de nos amis. N’hési­tez pas à m’écrire. Un gran abrazo à chacun ! En union de priè­res dans les cœurs de Jésus et de Marie.

Parrainez Marie-Aimée et sou­te­nez sa mis­sion


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