• 19 mai 2014
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Lettre de Laetitia pour son départ du Point-Cœur de New-York

Carole et Laetitia

Laetitia est per­ma­nente à Points-Cœur et après avoir passé plu­sieurs années aux Etats-Unis va rejoin­dre en août le Point-Cœur d’Equateur pour une nou­velle mis­sion.

Lorsque j’ai su que j’allais quit­ter New York, après pres­que huit ans, je me suis rendu compte que ma pré­sence dans cette ville, la com­mu­nauté, les amis, la vie rou­ti­nière, les ren­contres m’étaient deve­nus une évidence, quel­que chose normal. Mais tout à coup, l’appro­che du départ m’a ouvert les yeux sur la beauté de tout ce qui m’était donné de vivre au quo­ti­dien. Comme quelqu’un qui aurait pris des photos et, qui, au bout de la 500ième ne prête plus assez atten­tion à la beauté de ce qu’il voit. Le fait de s’asseoir pour les regar­der révèle une nou­velle lumière sur la richesse de chacun des cli­chés, et lui permet de per­ce­voir avec un œil nou­veau la beauté des visa­ges, des pay­sa­ges. Ainsi, avec la cons­cience de quit­ter ce lieu, j’ai vu d’un œil nou­veau nos amis, notre com­mu­nauté, notre mis­sion. J’ai appré­cié chaque recoin de cette ville pétillant de vie. Et sur­tout, mon cœur m’a crié tout son amour pour chacun de nos amis et pour ma com­mu­nauté !

Pendant un peu plus d’un mois, j’ai pu consa­crer tout mon temps à dire au revoir à nos amis du quar­tier. Ce fut un mois d’une incroya­ble inten­sité, un grand cadeau ! Il m’a fallu un peu de cou­rage de com­men­cer à dire à nos amis que je par­tais, et à réa­li­ser que je par­tais pour de vrai ! Je sais que pour beau­coup mon départ allait être dou­lou­reux. Et pour­tant, le plus sou­vent, j’ai été extrê­me­ment tou­chée par la réac­tion de nos amis, qui m’a montré com­ment moi-même vivre ce départ. Ce fut l’occa­sion de recueillir de nom­breux signes de gra­ti­tude pour notre amitié et de réa­li­ser com­bien celle-ci est cen­trale dans la vie de beau­coup de nos amis.

Un des lieux qui m’a été par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile de quit­ter est le « nur­sing-home », la maison de retraite que je visi­tais toutes les semai­nes depuis bien des années. Même si au cours de ces années, beau­coup de nos amis sont déjà partis au Ciel, ils sont nom­breux ceux que je porte dans mon cœur et ceux pour qui je sais que nous sommes la seule famille, les seuls amis, une pré­sence essen­tielle et fidèle. C’est donc avec le cœur serré que je vais annon­cer à Carole, que je pars bien­tôt. Après un silence, elle me regarde droit dans les yeux et me demande : « Es-tu heu­reuse de partir ? ». Question dif­fi­cile… Car au milieu de la peine de quit­ter mes amis, je suis cer­taine que ce départ est pour moi un bien, et oui, je suis heu­reuse de conti­nuer ma route et heu­reuse d’une nou­velle mis­sion. Je réponds donc « oui ». Alors, elle me regarde avec un sou­rire atten­dri et me répond : « si tu es heu­reuse, alors, moi aussi je suis heu­reuse ! J’ai aussi un cœur de mère, tu sais ! ». Je suis bien émue par la réponse de Carole. Je sais com­bien elle compte sur mes visi­tes et com­bien quand je manque un samedi, elle me le fait remar­quer ! Elle n’a pour ainsi dire plus de famille puis­que son mari et ses deux fils l’ont aban­don­née. Mais sa réac­tion me dit la beauté de son amour qui veut le bon­heur de l’autre encore plus que le sien propre. Là encore, je suis tou­chée par le désir de Maria, Alexandra et Cécile, plus récem­ment arri­vées dans notre com­mu­nauté de pren­dre le relais. Elles sont là et bien là pour dire à Carole qu’elles conti­nue­ront à venir et elles le font !

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