• 26 décembre 2013
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Ludivine et Norieh, à Athènes

Ludivine, Irina, Vicentiu, Marie-Pia et Marie

Ludivine décrit, dans sa pre­mière lettre de Grèce, la ren­contre avec Norieh, jeune réfu­giée Iranienne :

La situa­tion géo­gra­phi­que de la Grèce est de telle sorte qu’elle sert de pont aux émigrés du Moyen-Orient et de l’Afrique qui se diri­gent vers l’Europe du Nord. Nous avons donc fait beau­coup de ren­contres avec des Nigérians, des Congolais, des Afghans et des Syriens. Nous com­men­çons une belle amitié avec Roméo qui vient du Nigeria et qui a un petit maga­sin avec quel­ques pro­duits afri­cains dans notre rue. Dimanche der­nier, il nous a invi­tés à manger du poulet grillé chez lui. Il est ici depuis treize ans mais sa femme et ses enfants sont au Nigeria. Chaque fois que nous pas­sons devant son maga­sin, il nous ouvre les bras avec une grande joie. Pendant notre apos­to­lat à « Caritas » (une ONG qui sert gra­tui­te­ment des repas), nous avons aussi ren­contré trois soeurs afgha­nes. Je les avais saluées une fois en remar­quant qu’une des filles avait une petite tortue à ses côtés. Elle me dit, « elle s’appelle Lucky. Je l’ai trou­vée dans la jungle en Turquie en venant ici. » La semaine d’après, pen­dant que j’étais en train de couper le pain, je sentis une main me taper dans le dos. J’étais agréa­ble­ment sur­prise de voir Norieh (la fille qui avait la tortue) qui m’embrassa et me dit : « quand est-ce que l’on peut se voir ? » Nous nous don­nons rendez-vous un après-midi « place Victoria ». Norieh nous appelle pour confir­mer notre rendez-vous. Ce petit geste me fait plai­sir car moi aussi j’attends ce jour avec impa­tience. Nous avons de la chance, le soleil brille et c’est agréa­ble d’être dehors. Nous retrou­vons Norieh, ses deux soeurs et son amie sur la place et res­tons parler un petit moment. Norieh a dix-sept ans, elle a deux belles fos­set­tes quand elle sourit et elle parle assez bien l’anglais pour que l’on puisse se com­pren­dre. Elle me raconte qu’elles ont marché pen­dant sept mois pour venir jusqu’ici et que ses parents sont restés en Iran. Le voyage était dur, elles ont dû rester six jours sur le bateau sans rien manger. Elle vou­drait retrou­ver sa grande soeur en Allemagne mais elle n’a pas de papiers. Son rêve est de faire de bonnes études pour aider son pays, « pour qu’il n’y ait plus de guerre et pour que nous puis­sions tous ren­trer chez nous. » Elle aime la Grèce et me dit qu’elle désire avoir un pas­se­port pour vivre ici tran­quille­ment sans être sans cesse fouillée par les poli­ciers. Après un moment d’hési­ta­tion les filles nous invi­tent dans leur petite cham­bre en nous disant, « déso­lée, c’est très petit. » Elles dor­ment à plu­sieurs dans quel­ques mètres carrés. Tout est bien rangé, il y a des tapis et une étagère avec des cou­ver­tu­res rou­lées. Norieh nous offre un bon thé et s’excuse une nou­velle fois de ne pas pou­voir nous offrir du cho­co­lat. Elle nous montre des photos de ses parents et de sa maison en Iran. Elle nous dit que sa maman lui manque plus que tout. Au moment de nous sépa­rer, elles insis­tent pour qu’on revienne bien­tôt parce qu’elles aiment par­ta­ger le temps avec nous.

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