• 7 mai 2014
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Nazar, petit ami du Point-Cœur de Lviv

Sophie et Nazar

Sophie est en mis­sion qua­torze mois à Lviv en Ukraine. Elle nous par­tage son amitié avec Nazar, ce petit garçon de l’inter­nat visité régu­liè­re­ment par les filles du Point-Cœur :

Impossible de donner un âge à Nazar. Ce petit garçon de la « classe des petits », de l’Internat que nous visi­tons tous les mardis, paraît avoir quatre ans et pour­tant il a peut-être comme cer­tains de ses cama­ra­des déjà six ou sept ans. La pre­mière fois que j’ai fait sa connais­sance, la maî­tresse pré­sente ce jour-là m’a tout de suite dit : "Lui, il n’est pas apte. Vous savez, il ne com­prend pas bien les choses. Quand il est né, il était normal. Il est comme ça depuis un vaccin. Il n’est pas apte". Je me suis assise à côté de lui en sou­riant et je me suis mise à des­si­ner ce que nous avions prévu de faire ce jour-là. Puis, je lui ai donné le feutre. Il le tenait d’une drôle de manière mais a reco­pié tout de suite ce que j’avais fait. Ça n’était pas par­fait mais j’ai com­pris qu’il était très intel­li­gent et que per­sonne ne s’en sou­ciait vrai­ment. J’ai décidé, ce jour-là, que je devais l’aider à prou­ver aux autres qu’il n’était pas un benêt. Avec mon amie Halia, qui nous accom­pa­gne chaque mardi, nous lui avons appris à tenir son stylo cor­rec­te­ment et nous l’avons tou­jours encou­ragé, à grand ren­fort de molo­dets ! (très bien) qui le ren­daient fier comme un paon et tout sou­rire. Bientôt sept mois que je suis à Lviv et chaque mardi je vois les pro­grès de Nazar et je suis fière de lui. D’accord, il dit"Pivit au lieu de Privit (salut) et a du mal à faire de lon­gues phra­ses mais, c’est un petit garçon très intel­li­gent. Avant les Rameaux, nous avions décidé de faire des­si­ner des verbas aux enfants. Halia avait des­siné un modèle qu’elle avait posé contre le tableau noir. Nazar était plus inté­ressé par son album de Thomas la loco­mo­tive que par notre acti­vité. Lorsque sa maman est arri­vée pour venir le cher­cher, je l’ai vu se saisir d’un feutre et des­si­ner la verba sans la moin­dre aide. Son dessin ter­miné, il est allé l’accro­cher tout seul sur le tableau prévu à cet effet et nous a dit au revoir.

Son dessin était le plus beau de la classe, le plus fidèle au modèle d’Halia et il avait tenu son stylo comme nous le lui avions appris. En ren­trant, Halia et moi avons dis­cuté des pro­grès de Nazar et nous étions heu­reu­ses et fières de lui.

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