• 17 janvier 2012
fr

Témoignage d’Aude : Lancement du Livre « Noël, le mystère »

Natalia Satsik - Hodie

Aude vit depuis cinq ans au Points-Cœur de Lviv en Ukraine. Elle a par­ti­cipé à l’aven­ture de la publi­ca­tion du livre « Noël, le Mystère » écrit par le Père Thierry de Roucy et illus­tré par Natalia Satsik.
Un tra­vail pas­sion­nant, de longue haleine et de pré­ci­sion qu’elle a pré­senté en Ukraine, en France, en Suisse et en Belgique. Elle nous parle de cette com­po­si­tion, de cette œuvre, et de cette amitié avec Natalia qui révèle tout son talent d’ico­no­gra­phe non figu­ra­tif :

Depuis plu­sieurs mois, j’ai eu la chance de par­ti­ci­per à l’élaboration d’un livre ici en Ukraine : "Noël, le Mystère". Depuis plu­sieurs années, le père Thierry de Roucy écrit, au moment de Noël, des textes sur le mys­tère du Dieu-fait-homme. Nous est venu le désir de ras­sem­bler en un livre quel­ques-uns de ses écrits en les asso­ciant aux témoi­gna­ges de quel­ques volon­tai­res Points-Cœur à tra­vers le monde et aux illus­tra­tions ori­gi­na­les de notre grande amie artiste, Natalia Satsik. Cette entre­prise dévoile une de nos préoc­cu­pa­tions gran­dis­san­tes : offrir un espace de ren­contre entre dif­fé­rents lan­ga­ges. Celui de l’expé­rience, celui de la théo­lo­gie, celui de l’art et ulti­me­ment, celui du cœur. L’élaboration de ce livre a été une aven­ture fas­ci­nante : la décou­verte du monde de l’édition et sur­tout la pos­si­bi­lité de tra­vailler avec cette amie artiste, Natalia qui s’est donnée sans comp­ter autant pour la créa­tion des illus­tra­tions que pour la maquette du livre.

La pre­mière pré­sen­ta­tion du livre a eu lieu à Kiev dans le cadre de deux jours de ren­contres œcu­mé­ni­ques sur le thème : Les voies de l’amitié et la civi­li­sa­tion de l’amour. Cette ren­contre a été orga­ni­sée par nos amis de la maison d’édition « L’Esprit et la Lettre » où nous avons publié le livre. La pré­sen­ta­tion du livre a conclu le col­lo­que. Le cadre s’y prê­tait vrai­ment, puis­que nous étions dans l’enceinte de Sainte-Sophie, dans l’ancienne maison du Métropolite. Il y a d’abord eu une visite privée de Sainte-Sophie avec une très bonne his­to­rienne. J’ai pu pour la pre­mière fois entrer dans la partie sainte et contem­pler de très près les mosaï­ques et les fres­ques admi­ra­bles du XIe siècle : la scène eucha­ris­ti­que – quels mou­ve­ments des apô­tres, le corps et les mains tout en demande pour rece­voir le corps et le sang du Christ) – et les pères de l’Église plus sta­ti­ques mais avec une finesse des traits du visage, avec leurs regards si péné­trants et à la fois si doux qui vous fixent pour vous invi­ter à la même pas­sion de ce qu’ils ont contem­plé. Comme nous fêtions la Saint Clément (dans le calen­drier Julien), il y a eu après le repas une prière dans la cha­pelle de la maison du Métropolite (qui est un musée main­te­nant). Un évêque ortho­doxe était là : c’est lui qui offi­ciait. C’était très beau : les ortho­doxes ont tou­jours cette capa­cité incroya­ble d’entrer, de « consu­mer » même le temps ! Puis nous avons pré­senté le livre. Cela s’est fait sous la forme d’une table ronde. Constantin Sigov avec beau­coup de finesse a pré­senté le livre, puis a donné la parole à plu­sieurs per­son­nes : moi-même, Alexis Sigov, Natalia Satsik, le tra­duc­teur (qui est aussi poète), l’évêque ortho­doxe, le père Sdizlaw (Dominicain), le père Didier Berté (rec­teur du sémi­naire d’Issy-les-Moulineaux), le père Philarète (un prêtre ortho­doxe), Alexandre Filomenko (un ami phi­lo­so­phe de Karkiv). Beaucoup ont relevé cette néces­sité et cet étonnement à la fois du lien entre la com­pas­sion et l’art, le souci de Père Thierry de renouer le dia­lo­gue entre la foi et l’art. « Ce livre est une nais­sance de nos âmes à la com­pas­sion. » L’inter­ven­tion de l’évêque ortho­doxe m’a par­ti­cu­liè­re­ment sur­prise. Je l’avais vu lire de manière très atten­tive le livre pen­dant l’inter­ven­tion pré­cé­dant sa pré­sen­ta­tion et il a relevé des points très beaux : beau­coup de livres lui sem­blent être une suc­ces­sion de paro­les sans lien avec la vie mais celui-là témoi­gne d’une expé­rience réelle, authen­ti­que. Il a sou­li­gné ce livre comme une invi­ta­tion à un retour dans notre maison et il a lu le pas­sage qui l’a par­ti­cu­liè­re­ment marqué et l’a com­menté :

« Avez-vous vu un être avec un visage d’homme et un cœur de Dieu ?
J’espère ne pas le cher­cher comme Hérode ques­tion­nant les mages,
mais comme Balthazar scru­tant le ciel.
Avec l’esprit de l’enfant.
Et mar­cher dans le sable.
Avec les pieds de l’enfant.
 »

C’était tou­chant car c’était pres­que comme sa propre confes­sion… Je vous recom­mande vrai­ment la lec­ture de ce livre qui est avant tout une invi­ta­tion à se lais­ser tou­cher, à se lais­ser mettre en mou­ve­ment : « C’est un voyage mais dont on ne revient pas, c’est une mise en orbite vers l’infini Mystère, une expé­rience à jamais inchoa­tive, une pro­messe qui se réa­lise dans la mani­fes­ta­tion d’un visage. » Père Thierry.

Aude G.


Revenir au début