• 29 mars 2012
fr

Témoignage d’Inde : première lettre de Kathline

Enfants, amis du quartier.

Kathline est en Inde depuis peu et elle nous par­tage ses pre­miè­res décou­ver­tes, ce pre­mier regard sur cette vie du Point-Cœur et de ses amis. Une vie toute nou­velle, débor­dante, colo­rée, qui ne manque pas de fas­ci­ner. Voici un extrait de sa pre­mière lettre :

J’aime­rais tel­le­ment que vous soyez avec moi pour par­ta­ger toute la beauté de ce pays : les sou­ri­res, les saris, les cou­leurs, le monde… Ça grouille ici ! Tout le temps ! Partout ! Même la nuit ! Ce sont des hordes de motos, de bus, de taxis… qui rou­lent à toute allure dans une sym­pho­nie de klaxons ! Aux bords des rues, des tas de déchets, des égouts noirs, des vaches, des poules, du crot­tin, des enfants qui font pipi… Quel bazar ! C’est fas­ci­nant ! Inimaginable ! Ici il y a des tem­ples, des églises à tous les coins de rue… C’est sûr, ça change de nos bou­lan­ge­ries et cafés ! Cela montre dès le début leur grand atta­che­ment à la vie spi­ri­tuelle. J’admire ! Il n’y a pas l’eau cou­rante dans toutes les mai­sons, ils vont donc dans la rue rem­plir des réser­ves d’eau pour faire leur vais­selle, laver leur linge, se laver… Une telle sim­pli­cité maté­rielle qui leur demande beau­coup de temps et d’énergie. Tout ça me pas­sionne, je pour­rais m’asseoir et obser­ver des heures et des heures ce spec­ta­cle de vie !

Nos amis nous accueillent comme des reines ! Les amma (maman en tamoul, c’est comme cela que l’on doit appe­ler les per­son­nes plus âgées) nous consi­dè­rent comme leurs filles. Elles nous câli­nent, nous pré­pa­rent le café, le thé… Elles sont si heu­reu­ses de nous voir. Ce sont des beaux moments d’amitié, des liens tout sim­ples mais forts. Pouvoir repo­ser sa tête sur l’épaule d’un ami, avoir confiance, aimer. Ils sont si beaux nos amis ici malgré la dureté de leur vie ! Je n’ai jamais autant eu envie d’aimer ! Aimer ce qui m’est offert, aimer avec un cœur simple ma com­mu­nauté et nos amis du quar­tier ! Mais très vite je suis rat­tra­pée par mon orgueil, ma fati­gue, et mes pré­ju­gés… J’ai trop vite fait de juger le mari alcoo­li­que qui bat sa femme ; j’ai trop vite fait de juger la tra­di­tion des maria­ges arran­gés ; j’ai trop vite fait de juger la mère qui s’est immo­lée lais­sant der­rière elle deux enfants ! Alors je demande tous les jours à Dieu de m’offrir un cœur nou­veau, je lui dis : prends-le, fais en ce que tu en veux, secoue-le, tords-le… Pourvu qu’il aime en toute gra­tuité !

Inutile… C’est ce que j’ai res­senti pen­dant une visite. La jeune fille, Sandia ne par­lait pas beau­coup et Cécile et moi nous étions là, assise… Je me disais : "Mais qu’est ce que je fais là… Pourquoi je suis allée me paumer dix-huit mois dans le fin fond de l’Inde pour être assise dans une minus­cule pièce qui sert de maison et regar­der la fille dans le blanc des yeux ! Je suis vrai­ment inu­tile ! En plus, on n’apporte rien de concret, pas de médi­ca­ments, de maté­riel… ! J’apporte quoi au final, à part mon sou­rire qui pour l’ins­tant rem­place le tamoul et ma tête d’Européenne ? ”. Et puis, après qua­rante cinq minu­tes dans cette situa­tion à me faire des nœuds au cer­veau, le père qui venait de se réveiller nous a demandé de prier pour lui. À la suite d’une opé­ra­tion ayant mal tourné, il a perdu la vue et il est très fra­gile. Alors on a prié et il en a rede­mandé… Il nous a remer­ciées, sa fille a souri, sa femme aussi, lui aussi… Une pré­sence, une épaule, voilà ce que l’on essaie d’être. Une petite lumière qui vient éclairer un petit moment d’une vie. Cela nous dépasse… Ce n’est jamais là où on pense être utile que la lumière appa­raît ! Parfois on ne fait rien et tac ! Elle s’allume ! Merci Seigneur ! Merci à vous qui m’accom­pa­gnez H24 dans ma mis­sion ! Votre geste, votre sou­tien est un exem­ple pour moi ! J’aime regar­der ma liste des par­rains et sou­rire… Je réa­lise alors que je suis bien loin d’être seule ! MERCI !!!

Kathline

Parrainez Kathline et sou­te­nez sa mis­sion


Revenir au début