• 12 avril 2012
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Témoignage de Marie de Deva, Roumanie

Marie à Deva, Roumanie

Marie est au Point-Cœur Saint-Nicolas de Deva, en Transylvanie depuis sep­tem­bre 2011. Elle nous pré­sente des visa­ges amis, de tous jeunes amis. Nous entrons avec elle dans ces jeux et ren­contres au cours d’un visite à Mintia, ce vil­lage aux alen­tours de Deva où habi­tent des famil­les qui tra­vaillent à la ther­mo­cen­trale voi­sine. Laissons-nous guider...

Mintia, ou la ban­quise le temps d’un ins­tant !

Une fois de plus, nous cou­rons car nous sommes en retard pour le bus de Mintia, nor­ma­le­ment réservé aux ouvriers de la ther­mo­cen­trale. En réci­tant le cha­pe­let, notre voix se mêle aux bavar­da­ges, aux excla­ma­tions des joueurs de cartes… Arrivées à Mintia, nous essayons de nous orga­ni­ser : qui aller voir, dans quel ordre… Quand les enfants nous voient, ils cou­rent vers nous, sau­tent dans nos bras, s’empres­sent de nous pren­dre par la main et de nous emme­ner avec eux. Plus besoin de pro­gramme, eux ont besoin de notre pré­sence, eux me rap­pel­lent un mot essen­tiel : l’ABANDON ! Comme j’ai du mal à être pré­sente aux per­son­nes que Dieu met sur mon chemin mais que je n’avais pas prévu de voir, à me lais­ser bous­cu­ler par la réa­lité, à m’aban­don­ner, à faire confiance, à ne pas vou­loir tout maî­tri­ser ! Entraînées par ces enfants, nous arri­vons à une immense plaque de glace légè­re­ment en pente, et c’est parti… Ils pren­nent de la vitesse et s’élancent sur le ventre – tels des pin­gouins !- sur les genoux, sur les pieds, sur les fesses ! Martha se met en bas pour les rat­tra­per, au vol, et éviter qu’ils ne tom­bent sur le béton. Eux ont une confiance abso­lue et ne dou­tent pas un ins­tant que Martha les rat­tra­pera, alors ils s’élancent tou­jours plus vite et même en arrière ! Oui, leur confiance est si grande qu’ils n’ont pas besoin de véri­fier que Martha est là, ils savent qu’elle est là et cela leur suffit. Puis Raul voyant que je ne glisse que sur le ventre ou les fesses me demande : « tu ne sais pas glis­ser en étant debout ? » Je lui expli­que que si j’essaie, c’est sûr que je me retrouve par terre ! Alors très heu­reux et très fier de m’appren­dre quel­que chose, de m’aider, il me dit : « donne-moi tes mains, on va y aller ensem­ble. » Après plu­sieurs ten­ta­ti­ves, plu­sieurs chutes, nous glis­sons sur envi­ron six mètres ! Quelle aven­ture ! Et lui de conclure « Vezi cu mine ştii !  » (Tu vois, avec moi tu sais !).

Ces enfants déjà si grands !

Cela fait main­te­nant plus de six mois que j’apprends à connaî­tre, à aimer cette culture tzi­gane ; je suis tou­jours très impres­sion­née de voir com­ment ces enfants aident leurs parents, de voir que très tôt ils savent faire la cui­sine, faire le ménage, laver le linge, couper du bois, aller cher­cher de l’eau. Ils me sem­blent avoir cons­cience très jeunes qu’il faut tra­vailler, ils me sem­blent « res­pon­sa­bles » bien plus jeunes que chez nous ! Oui, j’admire beau­coup ces enfants, sur­tout que toutes les fois où je les ai aidés, je me suis bien rendu compte que je n’avais pas du tout leur dex­té­rité pour laver le linge, couper du bois… Je crois que c’est pour cela que leur plai­sir est si grand quand ils jouent avec nous, quand ils peu­vent être les enfants qu’ils sont, quand ils peu­vent se per­met­tre d’être insou­ciants pen­dant un moment. Mais qu’il est beau de voir Luminiţa s’arrê­ter en plein pen­dant le jeu, l’enten­dre nous dire qu’elle va aider sa maman mais qu’elle revient et de la voir courir pour l’aider à porter des bidons d’eaux ! Qu’il est beau de voir que même pen­dant que nous jouons, Stella prend soin de son petit frère Léo, qu’elle le porte pour ne pas qu’il pleure, même si cela l’empê­che de courir vite, de gagner ! Qu’il est beau de voir Tiţa qui conti­nue à laver sa maison pen­dant que nous jouons, « pour que tout soit beau pour Pâques » m’a-t-elle dit ! Et qui ne vien­dra jouer qu’une fois qu’elle aura tout ter­miné ! [...]

Je vou­drais finir cette lettre avec Ionuţ, un petit bon­homme de trois ans, qui men­diant à la gare et voyant Martha, court vers elle et lui demande : « Donne-moi un bisou ! ». Lui qui avait passé toute sa jour­née à deman­der de l’argent, que deman­dait-il ? Un geste d’amour ! J’ai alors com­pris toute la gran­deur de notre mis­sion, toute la beauté de notre pré­sence, de Sa Présence.

Encore une fois, je vous dis MERCI pour tout ce que vous me per­met­tez de vivre et soyez cer­tains que vous êtes tou­jours pré­sents dans mes priè­res ! Un grand merci pour vos let­tres qui me font extrê­me­ment plai­sir ! Et je vous sou­haite à tous d’excel­len­tes fêtes de Pâques !

Marie.

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