• 5 mars 2014
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Thomas, en mission à la Fazenda do Natal.

Eglise de la Fazenda

J’aime­rais vous raconter cette amitié que j’ai liée avec Diego et Mateus. Ils sont deux frères de quinze et seize ans. Durant mes trois pre­miers mois ici, j’ai vécu dans la même maison que Diego, et Mateus était dans une maison juste un peu plus bas. Ces deux frères sont venus vivre sept ans à la Fazenda à cause d’une grande dif­fi­culté fami­liale et une grande pau­vreté. Mateus m’a dit : « Quand je suis arrivé à la Fazenda, c’était le para­dis ». Très vite, nous avons créé des liens. Dans le tra­vail, les bons repas pré­pa­rés par Diego, les mar­ches dans la jungle, les pro­me­na­des à cheval et les jeux dans le petit étang en bas de la Fazenda. Aujourd’hui, ils sont repar­tis vivre avec leurs parents. Et cette étape, je pense, n’est pas évidente pour eux. Le samedi matin, je vais leur rendre visite. J’arrive avec un jeu de cartes pour les occu­per quel­ques heures. Je trouve dur le fait qu’ils ne peu­vent rien faire, juste regar­der la télé­vi­sion. Ils n’ont même pas d’argent pour pren­dre un bus. Heureusement, les vacan­ces sco­lai­res sont ter­mi­nées et ils ont repris l’école, ce qui est bon pour eux. J’espère aussi qu’ils vont trou­ver un petit job pour gagner un peu d’argent pour vivre. Ce tra­vail serait le matin ou l’après-midi car ici ils n’ont cours que par demi-jour­née. J’essaye d’être un ami pour eux et de me préoc­cu­per de leur situa­tion. Qu’ils sen­tent un appui der­rière eux et ainsi qu’ils ne se sen­tent pas tout seuls. J’ima­gine tant d’autres situa­tions iden­ti­ques et cela me donne un sen­ti­ment de peti­tesse face à la souf­france. Mais ce que je trouve très beau et qui me donne beau­coup d’espoir, c’est qu’il garde cette joie dans leur cœur malgré les épreuves de leur vie. Un exem­ple pour moi. Pour Didi, il y a des hauts et des bas. À cer­tains moments, il est très agité et peu avoir un visage de souf­france à me faire pleu­rer. À d’autres moments, il te regarde avec son beau regard et com­mence a rigo­ler. Cela me fait vrai­ment du bien. J’ai l’impres­sion qu’il m’a bien accepté dans sa vie. Qu’il porte plus d’atten­tion à moi. Ou peut-être que c’est moi qui porte plus d’atten­tion à lui. (...)
J’ai pu aussi pren­dre quel­ques jours de repos entre Noël et le Nouvel An où je suis parti faire quatre jours de marche. C’était magni­fi­que. Nous avons par­couru de grands pla­teaux déser­ti­ques, remonté un canyon et plon­ger notre nez au-dessus d’une grande cas­cade d’envi­ron 300 m de hau­teur. J’aime ces grands espa­ces vier­ges qui me rap­pel­lent la mon­ta­gne où l’on peut vivre ces petits ins­tants d’éternité où tout semble beau où règne une cer­taine paix, où l’on se sent si près du ciel. Lors de ce péri­ple, j’ai ren­contré un jeune couple fran­çais d’une tren­taine d’années. Ils étaient à la fin de leur voyage d’un mois au Brésil et avaient l’air enchanté. Ils avaient enchaîné les aven­tu­res entre voi­lier, trek et visite cultu­relle aux quatre coins du pays. Mais une seule parole reve­nait dans leur bouche : "La plus belle chose au Brésil, ce sont les per­son­nes qui y vivent". Et je pense la même chose. J’avais très vite ten­dance à juger la beauté d’un voyage, d’un lieu par ces pay­sa­ges. Mais mon regard a changé et j’apprends main­te­nant à voir la beauté d’un lieu par la beauté pro­fonde des per­son­nes qui y sont pré­sen­tes. Et ici les per­son­nes sont belles.

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Diego et Mateus Mateus et Thomas
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